Depuis 2019, dans la continuité d'un site à Brécey, un complexe de serres maraîchères industrielles s'est implanté à Isigny-le-Buat, porté par la SAS « Les Maraîchers de Normandie », filiale d'une multinationale néerlandaise « Agrocare ».
Le projet s'inscrit dans une stratégie européenne d'expansion. Agrocare a publiquement annoncé viser 1000 hectares d'ici 2030, principalement par croissance et acquisitions.
Cette agro-industrie repose sur des cultures hors-sol sous serres chauffées nécessitant une irrigation intensive et une production d'énergie par cogénération au gaz fossile. Sa production à grande échelle est destinée à la grande distribution et aux marchés de l'électricité.
Après une première phase d'implantation, un projet d'extension significatif a été déposé le 27 février 2024 (PC n°05025624J0012), suivi de la demande d'autorisation environnementale le 29 février 2024. 20 hectares devait s'ajouter aux 12 hectares existants de serres chauffées. Rick Van Den Bosch, directeur général des « Maraîchers de France », dirigeant des Serres d'Isigny-le-Buat déclarait ainsi à la presse le 3 février 2024 « Nos actionnaires montrent en effet par cet investissement leur volonté de pérenniser l'entreprise, ce qui est une excellente nouvelle. ».
Le 8 novembre 2024, suite à l'avis délibéré de la MRAe (N°MRAe 2024-5415), le Préfet de la Manche rejette la demande d'autorisation environnementale (arrêté n°2024-DDTM-SE-153).
Les motifs principaux du rejet sont graves et précis :
- incompatibilité avec le SDAGE Seine-Normandie,
- insuffisance des mesures compensatoires concernant les zones humides,
- absence d'évaluation des impacts cumulés avec les serres existantes,
- absence d'étude géotechnique sur les effets des remblais,
- insuffisance de la séquence réglementaire « Éviter – Réduire – Compenser »,
- Absence de prise en compte espèce protégée,
- Absence de démonstration de « raisons impératives d'intérêt public majeur » (L411-2),
- Risque d'impact sur ressource en eau (CLE Sélune),
- Consommation excessive d'espaces agricoles (CDPENAF).
Autrement dit : l'État a estimé que le dossier ne permettait pas de garantir la protection du milieu naturel.
Pourtant, le 15 juillet 2025, Rick Van Den Bosch dépose un nouveau permis de construire (PC n°0502562500020) et opte finalement pour une extension de 16 hectares.
Ce nouveau dépôt relance la procédure et renforce la nécessité d'une vigilance active. Pour analyser ce dossier, produire une contre-expertise indépendante et, si nécessaire, agir juridiquement, le collectif s'est organisé et appelle à un soutien clair et déterminé.
Pour financer la contre-expertise et sécuriser une éventuelle action juridique, nous ouvrons une collecte de fonds.
Contribuer, c'est agir !